La Moldavie

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Violeta est la responsable commericiale des vins de la Casa de Vinuri (400 hectares)

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Le groupe solidaire et en forme devant le restaurant Roata Vremii

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Le restaurant Roata Vremii est aussi un musée

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Le restaurant Roata Vremii présente aussi une collection de voitures russes

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Retour à table

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Le père de l'artiste peintre Nicoletta était poéte

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Marché aux fleurs de Chisinau

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Dans le trolleybus

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Dans une épicerie style dépanneur

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La dernière pizza au Andy's Pizza

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La chambre d'hôtel numéro 1

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De retour à Chisinau, je n'ai pas résisté à honorer mon lit. Yvon et moi sommes les premiers levés et un petit coup de barre, surtout après ces riches agapes, n'est donc pas surprenant.

Bernard a vécu une journée de son côté en emmenant Elena visiter à fond la ville. On n'en saura pas plus sur le déroulé détaillé, question de secret d'état.

Ce soir, on remet ça. Un autre gueuleton dans un Resto de Chisinau. A la maison j'aurais bien oublié de retourner à table, mais ici cela fait partie intégrante du voyage d'études.

A 19h, nous nous précipitons tous devant un écran de télé pour voir notre portrait, mais avons un peu de mal à trouver la bonne chaîne, puis nous assistons à l’actualité de la campagne électorale… qui a le culot de reléguer notre reportage à plus tard ! Temps pis pour eux, on emmènera nos bonnes idées en France.

Au programme de demain, du tourisme avec un monastère orthodoxe et un musée peut être.

Situation politique

Les soldats russes sont présents sur la bande nord-est du territoire. La Moldavie connaît aussi les misères de l'Ukraine. Notre guide Natalia n’a été qu'une seule fois dans cette zone et ne s’y est pas sentie en sécurité. Dans notre propre programme, il n'est bien sûr pas question de s’aventurer dans cette zone qui est oubliée de tous les circuits touristiques.

La région est habitée par une population pro-russe qui ne priorise pas notre liberté et qui préfèrent le système de la Russie, où la liberté ne semble pas faire partie des valeurs importantes.

Dans le reste du pays, les moldaves vivent en liberté comme en France, la richesse en moins, avec un revenu moyen de 150 euros. Les libertés sont donc contraintes par les exigences matérielles. Le loyer relativement élevé ne laisse pas place à beaucoup d’initiatives.

24h. Après la soirée au Resto et la visite de Nicoletta

Nicoletta est une jeune artiste qui s’exprime principalement dans la peinture. Elle a exposé quelques unes de ses œuvres au Radisson à Nantes, à Ancenis et dans le village breton qui achète du vin à Nikita.
Son style est audacieux, on sent qu’elle est issue d une famille d’artistes. Son père a écrit des poèmes qui ont été rassemblés dans un livret.

Nicoletta s’est mariée fin mai. Elle nous a montré des photos de son mariage qui a été célébré selon des rites polydéïstes. Sur les photos il n’y avait que des gens heureux qui dansaient dans de beaux cadres décorés par l’artiste.

Son mari est architecte. Il a son bureau dans le même espace.

Le Resto était un Musée. Toute une série de pièces contiennent des objets de la Moldavie d’autrefois. A l’extérieur, des voitures anciennes d’origine russe étaient rangées.

Les taxis

Le taxi est un moyen de déplacement très utilisé. Pour notre groupe de 10 personnes, Nikita appelait un numéro et 5 mn après, 3 taxis arrivaient en trombe. Les chauffeurs ne sont pas très bavards, tout au moins avec nous autres les Français. Ils concentrent leur attention sur la route. S’occupent-ils des autres voitures ? Sans doute, mais les règles de priorité dépendent surtout de celui qui est le plus téméraire. Les poteaux avec des feux sont là pour la déco. Même rouges, ils n’empêchent pas de passer. Mais les taxis sont très respectueux des piétons qui sont engagés sur des passages réservés. C’est au moins le cas du notre, qui s’est arrêté devant des piétons. Mais la réputation des voitures fait que le piéton doit toujours faire très attention avant de s’engager sur la chaussée réservée aux voitures. Pour traverser la route, il ne faut le faire que dans les passages signalés, et seulement quand le feu est passé au vert pour les piétons.

A l’arrivée, le prix à payer tourne autour de 30 à 40 leis en fonction du trajet, soit environ 2 euros. Si on divise ce prix par le nombre de passagers, on voit que le taxi est un transport très accessible.

Une partie de l'équipe est partie découvrir le monde de la nuit moldave. Ils ont raison car l’occasion ne se reproduira pas de sitôt. Pour ma part j'ai choisi l'option dodo car je sens la fatigue m'envahir et je ne vais pas tarder à tomber de sommeil.

Jeudi 11 juin

Ma fille Aline passe sa dernière épreuve du BTS. Je lui souhaite de réussir.

A Chisinau, la ville commence à se réveiller dans l’hôtel. Il est déjà 7h20 du matin.

Nous sommes dans un quartier tranquille et les voitures sont presque rares alors que nous sommes à quelques centaines de lettres du centre.

Les activités de la journée sont encore à construire. A midi, il y a un déjeuner avec un représentant officiel.

Mais le reste de la journée est consacré au lèche-vitrines. Ce n’est pas trop mon truc. Je vais voir s’il est possible d’aller au musée de la Moldavie sans perturber le fonctionnement du groupe.

La chambre est très vaste et la cohabitation ne pose pas de problème de promiscuité.

Vendredi 6h du matin. Les réacteurs se mettent en puissance

Nous sommes déjà dans l'avion pour rentrer à la maison.

Hier, la journée a encore été torride. Le matin a commencé par une sage visite du musée moldave. Intéressant. Il manquant une salle de peinture que j'affectionne plus que les autres arts antiques et récents. Au sous-sol, les photos sont interdites alors que j'avais pourtant acquitté un droit de photographier. C'est l'histoire russe qui est exposée. On est arrêté par les goulags, l'enfer russe du froid sibérien dans lesquels de nombreux intellectuels dissidents ont été envoyés.

Nous avons rejoint l'hôtel Codru qui nous avait déjà servi un bon mousseux moldave le premier jour. Les vins ont de nouveau été à la hauteur de notre attente. Mais la qualité de la prestation restaurant était perfectible comme dans d'autres établissements que nous avons fréquentés. La prise de commande n'est pas fiable. Le steak tartare commandé s’est métamorphosé en steak saumon servi sans légumes. Un des convives autour de la table a même été oublié ! Et de manière générale, les serveurs ne connaissent pas le métier comme on en a l’habitude en France.

La participation d’Emmanuel Skoulios, président de la CCI France Moldavie, a rendu les échanges très intéressants et nous ont permis de mieux connaître le pays. Violeta Bejan, une vigneronne était aussi présente. Enfin une femme d'affaire qui gère 400 hectares désignés. Elle nous a fait goûter ses vins.

Sous la houlette de Natalia, nous voici ensuite partis vers le centre commercial pour faire du ´lèche vitrine’. Nous n'avons trouvé que de grandes marques de maroquinerie, de parfums, de vêtements de sport et pour une bonne partie venant directement de Paris. Nous avons battu en retraite et avons testé le confort du trolley bus. Comme nous étions aux heures de pointe avec le retour des travailleurs chez eux, le véhicule était déjà bien complet. Je me suis retrouvé avec Bernard à l'avant du bus. Bernard est à la recherche de l'âme sœur et est très entreprenant. Le voici qui déclare sa flamme à le belle Moldave qui est à coté de lui. Olga a 29 ans, parle le français et est une magicienne qui a envoûté littéralement notre candidat à l'amour.

Mais vient le moment de descendre à notre destination. Bernard ne sait plus comment faire. Rester avec sa belle bien-aimée ou obéir au groupe? Mais déjà la porte se referme sur une Olga souriante. Bernard a raté l'occasion de sa vie. Il lui reste une belle photo de sa divine rencontre. Promis, en août il reviendra et il retrouvera peut-être Olga pour partager sa vie.

Tous réunis, nous trouvons notre bonheur dans des magasins moldaves qui correspondent davantage avec notre idée de cadeaux moldaves.

Patrick est en mauvais état. Il a trop profité du séjour. Déjà, la nuit précédente a été compliquée. Le casino n'a pas laissé entrer le petit groupe de noctambules français qui n'avait pas tous leurs papiers. Dans le bar de nuit, il y a eu des problèmes d'argent pour payer. Ils ont dû trouver un guichet de banque pour payer leurs dettes. Et pour revenir, ils se sont fait promener dans tout Chisinau par un taxi infernal qui roulait à tombeau ouvert sans savoir où il allait. Quand à 4h du matin, le taxi s’est finalement arrêté devant l'hôtel, Patrick à moitié dans les bras de Morphée, a raté une marche descendante de l'hôtel et est allé embrasser l'immense poste de télé de l’entrée.

Et ce soir, il s'est foulé la cheville en montant dans le trolleybus. Patrick n'est plus en bon état. Et là où ça m'embête, c'est que c'est aussi mon chauffeur pour le trajet en voiture entre Beauvais et Nantes. J'essaie de le mettre au lit à 9h, mais Patrick ne veut rien rater de la fête permanente que nous vivons en Moldavie. Courageux et téméraire, il continuera à trinquer avec nous et à faire la fête jusqu'à tard dans la nuit.

Pour commencer donc, nous prenons un dernier verre de champagne à l'hôtel avec nos hôtesses animatrices. Natalia et Elena ont été parfaites dans leur rôle. Natalia est étonnante de connaissances dans le vin. Elle est aussi une maîtresse animatrice qui, à 22 ans et du haut de ses talons de 15 cm de haut a commandé notre groupe avec une grande efficacité. Elena, étudiante en langue, nous a traduit la Moldavie et guidés à travers Chisinau. Elle vient de réussir sa licence de Langues et se prépare à un master à l'étranger en Bulgarie, en Pologne ou même à Rennes en France où tous les participants à ce voyage lui ont promis le meilleur accueil. Bernard a voulu lui proposer de partager sa vie, mais son cœur est déjà pris par un Moldave de son âge.

Pour terminer la dernière journée, Nikita nous entraîne dans la pizzeria Andy’s Pizza. Même si elle n'est qu'à 1 km, Nikita a commandé 2 taxis parce que Patrick marche en boitant. Avec Bernard et Nikita, je fais la marche à pied. Nikita est tellement sûr qu'il y aura un problème avec les 2 taxis qu'il lance un pari que je relève. Et en effet en nous approchant, à partir de la fenêtre d'un taxi qui déboule, on entend des appels à l'aide NIKITA NIKITA. Le taxi fou déjà parti pour une autre galère arrive à s'arrêter. On en extrait deux pauvres Français qui étaient déjà condamnés à une errance sans fin dans le dédale des rues sombres de Chisinau.

A la pizzeria style Champs Elysées, le service laisse à désirer comme d'habitude. La commande n'est pas bien prise et il faut insister pour que tout soit noté. Si plusieurs n'arrivent plus à boire une goutte d'alcool, on commande encore une bouteille de vin rouge moldave et une carafe de vin rose. Les pizzas étaient très bonnes. Pas trop grasses et une garniture parfaite. Je les recommande. Patrick rentre en taxi alors que nous marchons dans la nuit moldave. Il est minuit et dans 3 heures le réveil va sonner pour revenir en France.

Samedi 3h13 je me réveille en sursaut.

J'ai entendu le moteur de notre minibus s'arrêter devant l'hôtel. J'ai encore droit à 2 minutes de sommeil. Vite je me rallonge en essayant de me souvenir des rêves que je viens de vivre. 3h15 le réveil sonne. A l'autre bout de la chambre, tel un soldat, Yvon se lève et est prêt en deux temps trois mouvements. J'ai un plus de mal à me lever et à terminer mon bagage. Mais c'est Patrick qui descend le dernier dans le hall où Bernard est en train d'expliquer à l'hôtesse ses projets de vie. Une autre piste sympathique qu'il va approfondir quand il reviendra en août pour trouver l'âme sœur moldave. Décidément, c'est bien une Moldave qu'il lui faut !

Pour avoir le droit de monter dans l'avion, nous suivons les mêmes formalités qu’au départ : comptoir d'embarquement, paiement des bagages accompagnés, récupération des passeports, passage du portique de la sécurité, passage des douanes, passage de la porte d'embarquement, bus pour s'approcher de l'avion avant de rejoindre sa place. Cette fois-ci nos sièges sont dispersés. Mes collègues continuent leur nuit pendant que je termine de saisir mes notes sur l'iPad.

En résumé, ce voyage d'étude en Moldavie s’est révélé très intéressant et agréable. Nous avons vécu 4 journées très denses. La réalité des vins moldaves est maintenant beaucoup plus concrète.

Le vin moldave a subi une grande mutation. En quittant l'URSS et ses marchés protégés, les vignerons moldaves ont dû évoluer en misant davantage sur la qualité que sur la quantité. Depuis 3 ans, la Russie a fait un embargo sur les vins moldaves. La filière des vins moldaves investit dans la recherche de nouveaux débouchés dans d'autres pays. Aujourd'hui hui, les vignobles moldaves sont entre les mains de jeunes entrepreneurs qui doivent relever les grands défis de la concurrence mondiale. La bonne réputation du vignoble, la configuration du territoire leur donne des atouts. Mais le marché du vin est de plus en plus un marché haut de gamme qui nécessite beaucoup de moyens.

Vendre du vin moldave en France est un pari difficile. La France produit de très bons vins et les vins moldaves n'ont pas d'avantage-prix quand il faut intégrer les coûts de transport et de commercialisation. Les vins moldaves ont leur place pour surprendre et réveiller nos sens par des produits différents qui nous font voyager par le rêve dans un pays où le français est un ami.

Le voyage s'est focalisé sur l'approche « vin de Moldavie ». Pour visiter les monastères, et les autres pans de la culture et des arts moldaves, il faudra y retourner.

L'hôtesse vient de faire relever les tablettes. La campagne française apparaît nimbée dans une brume matinale. Le pilote de l'avion doit réviser la procédure d'atterrissage et voit peut être déjà la piste à l'horizon. Nous revenons sur terre pour courir après nos bagages et faire la route du retour entre Beauvais et Nantes, avec Patrick au volant. Plus tard, il faudra encore trier les photos et les communiquer au super groupe de ce voyage.

François Kammerer


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